COMMUNIQUE VII

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COMMUNIQUE VII

LUTTE CRIMINELLE POUR MA CLASSE DANGEREUSE

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 L’Histoire de la lutte des classes 

 Les Histoires des classes en lutte et La lutte des Histoires de classes

 

      « Lutte Criminelle pour ma Classe Dangereuse » est un morceau qui ne date pas d’hier.  Thème déjà abordés dans pas mal de morceaux ( « Une bande son pour les nouvelles Invasions Barbares », « Le rôle Positif de la colonisation !? » pour ne citer qu’eux) c’est un crachat à la gueule de l’Histoire officielle – celle des vainqueurs , celle qu’on nous apprend à l’école avant de nous la rabacher dans les mass-média à la solde de la classe dominante .Histoire, que le pouvoir continue de distordre selon sa politique du moment, quitte à se permettre les retournements les plus odieux - comme le rappelle très bien d’ailleurs Eretik dans « Conspiration de Conspirationnistes » ( en parlant de l’ « Exemple Guy Moquet » et des « fils de pétain »  «invité aux festins » que s’en est fait récemment le pouvoir sarkozyste– cf RKP #13) .

 Quand on parle d’« instruire et s’instruire pour la guerre civile ».Il s’agit bien aussi de çà : se réapproprier notre histoire, et son apprentissage. Tout en en écrivant de «nouvelle pages », en luttant pour faire vivre la culture de classe, la solidarité et les valeurs qui s’y rapportent ;  en participant par les divers moyens qui s’offrent à nous aux combats quotidiens qui en découlent de fait.

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« L’histoire de notre classe est celle de ses luttes, l’histoire des salles de classe, est celle des fils de putes, députés, rois, des  présidents, des castes et des seigneurs. Faudrait qu’on les respecte alors qu’ils saignent leurs esclave,leurs salariés, leurs citoyens,avant leurs esclaves comme hier leurs cerfs, les siècles ont passé, seul les mots changent, toujours les mêmes qu’on sert. On troque les chaînes pour de salaires. Faudrait qu’on s’taise quand on crève , que, soumis, on observe, quand ceux qu’on aime sont privés de leur rêve. Sont vidés de leur sève. »

Une Bande Son pour les Nouvelles Invasions Barbares,  à lire et écouter sur RKP#1 [ pages lyrics et Music ]

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Pour ce qui est de cette partie des questions posées par ce texte, il y a quelques années, il y avait eu tout lieu de s’intéresser au travail livré par Howard Zinn avec son désormais célèbre  « Histoire Populaire des Etats-Unis » . Livre qui s’était attelé à nous décrire l’histoire de ce pays-continent à travers celle de ses oubliés, de ses vaincus ; du génocide indien, à l’esclavage en passant par les nombreuses luttes syndicales de sa classe ouvrière, souvent pas ou peu et mal connues. Tout en relatant les nombreuses guerres impérialistes – souvent cachées derrière le terme d’ « interventions » - par lesquelles cette sur super-puissance a su tout au long du XX ème siècle imposer du bout de son fusil son soi-disant modèle politico-économique. Modèle qui sous couvert d’amener la « démocratie libérale » a su quasi totalement mondialisé la dictature capitaliste. Et ce, à l’encontre totale des aspirations des peuples d’Amérique Latine et d’Asie chez qui les idées universalistes avaient fait pourtant naître à différentes époques un certains nombre d’espoirs.

« A quand une histoire populaire de l’humanité entière ? » m’étais-je donc écrier à l’époque dans un morceau –question faussement naïve, conscient du travail gargantuesque que cela représenterait dans la réalité...

 histoire-populaire-de-l-humanite.jpgEt voilà que récemment on m’offre « Une Histoire Populaire de l’humanité », par Chris Harman, sorti aux éditions de la découverte en 2011. Soyons clair : un tel récit ne peut être qu’exhaustif, un tel travail ne peut-être qu’incomplet. Mais une telle lecture ne peut être qu’intéressante au vu des efforts constants de la classe dominante pour nous tenir éloignés de cette Histoire, où plutôt de ces Histoires. L’histoire de celles, de ceux qui ont résisté «  de la révolte de Spartacus à la guerre des Paysans, de la Rébellion des Boxers en chine à celle des Diggers et des Levellers en Angleterre, des luttes des ouvrières du textiles dans l’Amérique de la fin du XIXe siècle à la révolution russe, ce livre adopte le point de vue des laissé pour compte de l’histoire officielle » comme l’annonce la quatrième de couverture. Bien sûr reste à chacun de bien ressentir la subjectivité de l’auteur tant dans les choix des exemples abordés, que dans la manière dont il les traitent , tant dans l’importance qu’il leur porte,que dans les conclusions qu’ils en tirent…etc…etc

Mais, comme rappelé plus haut, « Lutte Criminelle pour Ma Classe Dangereuse » insiste aussi sur le fait que c’est aussi à nous d’écrire notre propre histoire de notre classe en lutte. Ecrire : pas seulement par des mots, mais par des actes… On trouvera bien dix militants pour revendiquer une vitrine brisée, et  toujours dix scribouillards pour discourir sur un coups d’ marteau sur la tête d’un flic…Mais combien de bras pour tenir le marteau ?

Pour ce qui est des « mots », n’est-ce pas après tout le but des différents projets dans lesquels on s’est investit depuis plusieurs années pour faire vivre et diffuser notre participation à cette culture de classe !? La culture de cette classe en lutte. La culture issue des luttes de notre classe.

Quelque part, même les titres, plus personnel - « ego-trip » comme on dit dans le rap  - en sont les récits à une échelle plus intime. Et pas forcément les moins intéressants, s’il faut vraiment les comparer à certains alignements de slogans tout faits dans les quels se complaisent parfois certains groupes dits « engagés »… Nombre de morceaux de rap « de rue », de rap de vécu – comme celui que l’on revendique - ne sont-ils pas de ces photographies lyricales de certains moments de vie, de certaines situations, des petits bouts de mémoire de notre culture urbaine locale ? Une culture, délivrée pour une fois par ceux qui en sont les protagonistes réels. Pas par des journalistes ou des sociologues venus observer les indigènes de l’autre cotés du périph’ ou de la grille d’entrée des cités parisiennes… payés pour faire semblant de traduire les traits d’une culture qui de fait leur échappe…et qui les emmerde !

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 Pour un Jihad de classe

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Dans l’idée avancée de « Jihad  de Klass », le terme de « Jihad », n’a pas été choisi au hasard. C’est bien que cette notion renvoyait à cette idée de Sainte guerre se jouant tout autant à l’extérieur qu’à l’intérieur. C’est bien que la notion de Jihad induisait également l’idée que la plus grande des guerres commence d’abord en chacun . Dans la culture musulmane, il y a deux notions derrière le « Jihad fi sabil Allah » (l’effort orienté dans la voie de Dieu),  le « Grand Jihad » renvoit à la lutte intèrieur, au « combat contre soi même » quand le « petit Jihad » renvoit lui aux luttes à mener contre des ennemis « extèrieures »  – c’est d’ailleurs ainsi qu’il s’est répandu au VIIIième siècle comme « instrument justificatif » des conquêtes musulmanes. Et c’est sur cette seule interprétation d’un concept bien plus complexe que les média et les adeptes d’Hungtington se sont ruées pour brandir à la face du monde occidentale leur  preuve irréfutable de leur immanquable « choc des civilisations ».                                                                                   jihad-de-classe.jpg                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                             

Bien sûr que chez « nous » - chez ceux qui se retrouvent un tant soit peu dans cette idée -, une fois « athéisé » ou « agnosticisé » par le caractère « classiste » qu’on lui appose, le caractère de «sainte » guerre  - contenu dans le sens original du terme avant qu’il ne soit détourné - ne révèle que la sur-importance que nous lui portons –  le fait qu’il s’agit bien d’une cause qui nous dépasse. Une cause qui dépasse également  certaines querelles de moindre importance dans lesquels on n’a que trop souvent tendance à perdre notre énergie – quand on ne s’y perd pas tout bonnement soi-même. Une guerre qui nous a pré-existé et qui nous survivra simplement parce qu’elle ne trouve pas son aboutissement dans telle ou telle victoire absolue ou matérielle, mais bien dans la lutte quotidienne et sans fin qu’elle induit. Sa raison d’être et le moyen par le quelle elle reste belle et bien vivante…car le terme « de classe » n’a pas été choisi au hasard. C’est bien qu’on fait référence à toutes ces rapports, à la manière dont ils nous lient  au monde qui nous entoure, ces luttes de domination qui font rage aussi bien à travers la planète, qu’entre nous, qu’à l’intérieur de « nous » !

Des luttes qui du coup ne disparaîtraient pas avec les utopiques révolutions que certains tentent encore de nous vendre. Voilà pourquoi nous n’avons ni le luxe, ni le temps, ni le pouvoir de les attendre pour y prendre part.

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  Lutte criminelle et classes dangereuses

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         Et là, on touche au deuxième point - et pas l’un des moindres - qu’aborde « Lutte Criminelle pour ma Classe Dangereuse » en faisant d’ailleurs écho à un « débat » qui , lui aussi, n’a jamais cessé de traverser la majorité des textes édités dans le cadre des projets dans lesquels j’ai pu m’investir [ de nombre de morceaux de Enedeka Maska au  Manifeste  VIII (2003-2005) du groupe anarchopunk Nocif,en passant le texte explicatif et les morceaux del’album Djihad de Classe de Pekatralatak (2006) , ainsi que les textes parus dans le DIY ou la mort ,  Outrage et Asymétrie I (1) ] . Et ce, en réponse à un type de discours qu’il ne nous est  que trop souvent arrivé de lire et d’entendre tant face aux évènements de Novembre 2005, qu’après certains épisodes des la lutte anti-CPE en 2006, que suite aux affrontements de Villiers-le-Bel en 2007 ou à la révolte de décembre 2008 en Grèce. Discours qui n’ont bien sûr n’a pas attendu ces évènements récents pour exister,  comme en témoigne certains évènements et réactions relayés dans divers articles de la revue  Os Cangaceiros – Revue plus que recommandable - et  d’ailleurs aujourd’hui ré-édité sous la forme d’un livre.

Souvenirs enrageants, réveillés plus récemment à la lecture de propos trouvés sur le net suite aux dernières émeutes qu’ont connus certains quartiers de Grande Bretagne en 2011 – (2). Relire, une fois de plus les mêmes arguments de merde, aux mêmes relents puants, n’a fait que raviver plus violemment la rage « rupturiste » qui nous sépare de fait de ceux qui se cachent derrière ces déclarations.

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Déclarations qui prétendent pourtant parfois servir la même lutte que la notre quand bien au contraire, pour moi, elles illustrent parfaitement l’appartenance à un tout autre camp 1) dans la lutte qui se joue lors de ses évènements 2) dans la manière dont ils sont perçus par ceux qui n’en sont pas les acteurs directs, mais qui n’en donnent pas moins leurs avis.

Il ne s’agit pas de remplacer une Histoire officielle, par de nouvelles Bibles officieuses qu’on brandirait ça et là, pour s’assurer à son tour la domination d’un discours sur un autre. Notre guerre a une histoire, et il est utile d’en chercher les témoignages où l’on peut - lorsqu’on n’en a pas été les acteurs ou les témoins directes.

Le combat de notre classe – la classe en lutte – a toujours été criminalisé, et la lutte des classes se joue autant dans les « mouvements » politiques  que dans les luttes qu’ils disent mener. Mais ce combat se joue aussi à travers des actes sortant de la palette des actions  propre à l’activisme politique traditionnel. Et justement, il n’a jamais été autant criminalisé que lorsqu’il savait trouver le moyen de toucher la classe dominante et son système avec la violence qu’ils méritent. Que lorsqu’il a su sortir du cadre de la contestation tolérable – et donc toléré par le système. Et c’est bien par ce qu’il s’est (enfin) sentis intolérablement touché que le « système » a alors réagis avec une réaction à la hauteur de l’évènement. Une réaction sensé faire passé l’envie à ses ennemis déclarés de retenter telle ou telle action.

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Certains acteurs politiques dit « contestataires » n’ont alors même pas attendu que retentisse le discours dominant pour eux-même ( !) le relayer . Et ce, en « criminalisant » à leur tour une partie des combats entrepris par ceux qui ont choisi de ne pas subir ce monde tel qu’il est… ceux qui ont su  frapper  l’ennemi par surprise, avec  force,  audace et détermination. Ceux qui ont su prendre l’occasion qui se présentait. Peut-être,  parfois « maladroitement » certes…

lumpen-proletariat-phobie.pngOn ne tombe pas dans le piège de l' "illégalisme" pour l' "illégalisme" ( les fafs aussi font des trucs illégaux!).Tout n'est pas chanmé du moment que ça arrive durant une émeute...On croise des cons partout...Mais cette "maladresse" parfois palpable dans le feu de l'action, quand on ne tappe pas forcément là ou il aurait mieux fallu le faire...Qui peut donc en juger?  On est pas dans la théorie dans ces moments là. Mais dans la vie réelle. Avec sa part de cruautés absurbes, d'incompréhensions mutuelles et sa violence...pas la violence romantique des théoriciens de salon, celle qui t'éclate les dents sur le bitûme.D’autant plus lorsque le fracas de l’affrontement flirt avec le désespoir auquel on nous condamne de toute façon. Qui n’a jamais connu  cette impression que la rage que l’on porte et qui nous porte est parfois sur le point de nous dépasser ? Saine colère devenue haineuse sous les coups de butoir de l’injustice, elle se tient là, séduisante, vengeresse et vénéneuse, prés à nous enlacer. A un cheveux de nous aspirer au-de là… Au de là  de ce que la soi-disant  raison suggère. Qui peut encore s’étonner que cette raison disparaisse parfois, quand justement tout semble constamment fait pour nous la faire perdre !?

Pour illustrer leur désapprobation les contestataires « moralistes » retirent à ceux qui ont franchis leurs barrières morales de contestataire "bien pensant" -  ou en tout cas, pensant bien "penser le bien" -  le titre de « résistants » ,  comme ils confisquaient celui de « combattants révolutionnaires » - à ceux qui le réclamaient encore - et avant tout, ils répugnent à les traiter (en et) de « camarades » préférant parler de « racaille lumpen-prolétarienne non conscientisée » , de « bandits », de « criminels » ou de « terroristes » - ces appellations variant bien sûr selon le type d’actions qu’ils réprouvent alors .

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Il ne s’agit pas de réclamer certains titres comme d’autres vont à la pêche aux médailles mais de noter que ces analystes en herbe de la situation actuelle, , font ainsi curieusement écho au discours officiel de la classe dominante. Le fait de se jucher sur ces hauteurs, d’où ils se permettent de nous juger, leur a-t-il fait prendre le même point de vue que ceux qui à force de vouloir nous dominer, ne savent que nous prendre de haut ?

 Cette classe dominante d’ailleurs ne demande que ça. Priant pour qu’il n’y ait ni contagion, ni d’accueil positif lorsque les membres les plus antagonistes des exclus des profits qu’ils engrangent, répondent avec une violence un tant soit peu à la hauteur de la misère subie. Et là encore, la technique ne date pas d’hier, comme rappelé dans Conspiration de Conspirationnistes. En paraphrasant à peine le fameux slogan de Pasqua qui voulait « terroriser les terroristes » .  Le même Pasqua qui s’enorgueillissait sur les plateaux télé d’avoir été résistants dans ses jeunes années, nous rejouait le vieille air de  la fameuse affiche rouge.

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Tout comme en Palestine, certains « terroristes » pourchassés d’hier pourchassèrent à leur tour leur « terroristes » à eux, résistants pour rester libre sur une terre dont les sionistes voulaient les chasser. Tout comme le terrorisme d’Etat de divers pays Européen  et Sud Américain de la fin des années 70 et 80 développa tout une nouvelle gamme de technique toute plus « terrorisante » les une que les autres pour faire face aux groupes de camarades ayant fait le choix de la lutte armée, ou pour désintégrer des mouvements massif se réclamant de l’Autonomie prolétarienne ou de tout ce qui pouvait flairer le bon air de la guerilla urbaine

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« Ils terrorisent ceux qui résistent en les traitant de terroristes »

     Pour certains « politiques » - militants, activistes, grandes gueules de fins d’soirées, scribouillards en tout genre…etc - le débat adjacent est celui de la dissociation vis-à-vis de certains modes d’actions, de certaines réactions plus ou moins spontanées à la misère subis, vis-à-vis du niveau de violence avec lequel il faut répondre à celle que nous subissons… Et là, encore, il en a coulé des litres de baves et d’encre sous les pont de ces débats ancestraux sous lesquels règnent encore et toujours l’ombre de la question de classe…

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Ainsi, aujourd’hui encore, face aux émeutes de TottenHam en Grande Bretagne comme il y a quelques années face aux émeutes urbaines en France, certains sont-ils trop heureux de se dissocier de ce « lumpen prolétariat » en lutte, ressortant à l’envie –  avec, pour ce qu’elle pèse, définition de Wikipédia à l’appui !(3) Avec tout c’qu’il peut y avoir de douteux et d’ouvertement subjectif derrière certaines définitions de l’ « Encyclopédie » de la génération 2.0 – de vieux de textes de Marx ou Engels dans lesquels ceux -ci préconisaient de se méfier de ceux qu’ils considéraient comme le sous-prolétariat du XIX e siècle en haillon, incontrôlable, « non conscientisé » (4)… de la même manière que la propagande  bolchevique ne vu en Makhno qu’un brigand  une fois que cela   l’arrangea – c'est-à-dire une fois l’Ukraine laissée aux allemands,  après que les russes « blancs » en  aient été sortis  avec l’aide des Anarchistes Ukrainiens, avant que ceux-ci soient traités en pestiférés, une fois devenu inutiles et dangereux pourr les nouveaux maître du Kremlin.

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Les voilà. Trop-heureux –même totalement hors contexte plus d’un siècle plus tard ! - de pouvoir citer Marx, afin que cela ait plus de poids, car trop peureux d’assumer eux-mêmes leurs propres positions – précisément la raison pour laquelle Marx, lui-même, disait « moi en tout cas je ne suis pas Marxiste » - (5).Mais, pardon ! Nous n’avons ni coran, ni bible , pas de textes sacrés…pas de prophètes à la parole divine, de sacro-saints auteurs, de leaders incontestés devant lesquels fermer sa gueule ad vitam æternam et baisser les yeux, trop éblouis par une vérité une, absolue et indivisible.

Mine de rien, il leur a fallu pour se rassurer aller piocher dans des textes remontant jusqu’au XIXe siècle en pensant trouver un écho de poids , leur paraissant en tout cas être capable de  justifier leurs propres peurs de ce qu’ils considèrent comme le sous-prolétariat actuel, peur d’ailleurs souvent basé sur l’inconnaissance totale qu’ils en ont … Cette même vieille « peur de l’inconnu », xénophobie, qu’ils savent si bien psalmodier, dénoncer, qu’ils parlent même de dépasser (!) dés lors que ça ne concerne pas leur propre peur de ce qu’ils ne connaissent pas !Ha ! Quand elle vient des autres, on hurle à la beaufitude, à l’homopobie, au machisme barbare d’autant plus quand ça illustre de leur coté le chemin parcouru… parcouru et pourtant aussi vite ravalé, quand il s’agit de se vautrer aussi spectaculairement dans tout c’que ce repli sur « soi et ce qu’on connaît » peut comporter d’imbécilité lourde. Seul ressort ici la différence de milieu sociale qu’ils n’ont pas su franchir…

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Tant qu’à Marx et Engels, s’il est facile d’arracher à leur contexte certaines de leurs citations concernant ce qui leur apparaissaient comme le lumpen prolétariat de l’époque –comme ne se sont pas privés de le faire les auteurs de certains de ces textes trouvés sur le net  (4) – quel crédit peut on apporter à ces citation sortis de leur contexte  ? Mais surtout, s’agissant de donner son avis sur des évènements actuels, quelle peut-être l’intérêt réel de ces remarques arrachées à leur époque  ?

Déjà  - faut-il le rappeler ? – toute observation relevant du domaine des « sciences » humaines ( sociologique, historique, psychologique…etc) souffre forcément de la subjectivité de son auteur – d’où les guillemets que je me permets demettre au mot science qui a trop souvent tendance à faire croire aux lecteurs ou à l’auditeur non avertis qu’on aborde ici des démonstrations irréfutables car « scientifiquement prouvé » - quand beaucoup de chercheurs en sciences humaines ne cherchent d’ailleurs  qu’à ramener de preuves sensés allés dans le sens des théories qu’ils ont fondés  eux même  sur tel ou tel sujets.

 On reste toujours le produit d’une époque, d’un milieu sociale, d’un certains vécu qui impliquent eux même un certains nombre de préjugés et d’intentions plus ou moins conscientes… L’instruction et l’expérience nous offre l’occasion de ne pas forcément en rester  prisonnier dans l’absolu. Mais c’est parfois bien relatif.Cela vaut autant pour moi lorsque j’écris ces lignes que pour Marx et Engels, lorsqu’ils ont écris les fameux passages que certains ont cru bon de ressortir afin d’illustrer leur propos :

1)Ni l’un, ni l’autre ne sont issu de ce « lumpen prolétariat ». Ce qui ne leur interdit pas d’en parler, mais ce qui nous rappelle seulement qu’il s’agit là encore d’observations extérieurs, portant avec elles un certains nombre de préjugés de classe et de jugements guidés par les intentions politiques de leurs écrits.

2)S’ils sont à l’origine du terme Lumpenprolétariat, le rapport qu’ils ont eu avec ceux qu’ils désignaient comme lumpenprolétaires  n’a cessé d’évoluer tout au long de leurs vies, et ne peut être certainement pas résumé à quelques citations tirés de différents textes (5), portant chacun leurs propres intentions politiques, et ce à de différentes époques.  

3)On touche  ici encore à l’arnaque profonde que recèlent nombre de travaux dits « sociologiques » qui casent derrière des termes, des étiquettes, des réalités aussi différentes que chaque individus sensés appartenir à la catégorie sociologique qu’ils entendent définir. Exemple : si à leurs époques il est arrivé lors de certains épisodes que certains « sous-prolétaires » embrassent la voie de la réaction, et servent de bras armé à la classe dominante : est-ce qu’il y a franchement de quoi établir un lien entre des conditions de vies de sous prolétaire et ces choix politiques relevant de la trahison de classe ? Quand bien même un lien parviendrait-il à être établis lors de certains exemples de l’époque, cela permettrait-il d’en faire une règle universelle, capable même de dépasser les époques, les frontières, et les différents contextes sociaux, économiques et politiques – sans parler des psychologies individuelles qui font que tout lumpen-prolétaire qu’il soient l’un ne réagira pas forcément comme l’autre dans des situations identiques ?! Dans le cas dont on parle : si au XIXe siècle certains des membres des plus pauvres des classes laborieuses ont vendu  leur bras lors de certains évènements bien particulier, est-ce que les plus pauvres sont condamnés à vendre leur service à la bourgeoisie ? Bien sûr que nan… Et ça, le système la bien compris lui-même, il ne maintient  certainement pas  dans la misère une classe de sous-prolétaire dans l’espoir qu’ils lui servent de sujets contre-révolutionnaires face à des « révolutionnaires organisés » en cas de période insurrectionnels !

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Car quand bien même, dans la dèche le but premier est bien de survivre, c’est d’abord par la débrouille qu’on y parvient. Pas par la trahison de classe, en vendant ses services à la réaction. La classe dominante l’a bien compris, et c’est bien pour cela qu’on parle de « Classe Dangereuse », dans le sens où justement toute une part de la population a toutes de les raisons de l’être – dangereuse - ou de finir par le devenir, comme la très bien résumer quelqu’un qui a écrit à l’Envolée (n°30) « si tu vis dans le luxe, tu n’as aucune de raison de voler un portable. Si tu es pauvre c’est déjà un délit, on t’attend au tournant ».  D'où la "chasse aux pauvres" qu'on ne peut constater dans toutes nos métropoles. D'où le cliché du contrôle au faciès, où les flics reconnaissent eux-même qu'on les pousse à traquer tout ce qui pourrait ressembler à un jeune issu des quartiers populaires - et donc potentielement dans l'illégalité puisque sans aucun autre moyen de s'en sortir.Et ils nous poussent eux-mêmes à devenir haineux, revanchards et violents quand ils nous harcèlent, à nous traiter en coupable avant même qu’on est bien pu avoir l’idée de le devenir. Comme l’a dit Unik O’gree, pour nous et toute une catégorie de la population stigmatisée, « c’est  pas vu déjà pris ».

 

Si certains capitalistes ont parfois fricotés avec des maffieux issus des couches les plus pauvres de la société, les bataillons de klébards de la classe dominante restent ceux qui.finissent comme maton ou flic. Sont-ils tous exclusivement issus des bas fonds de nos métropoles ? Et si c’étaient vrai ( et ça ne l’est pas) auraient-ils choisis de servir l’ordre établis pour cette même raison ? Genre « je suis né pauvre dans un système qui crée de fait des inégalités à la base selon où tu es née, je vais tout faire pour que ça continue ainsi ». Non c'est absurde, simplement, les gens née pauvre qui finissent dans la police ont simplement un autre rapport à leurs origine sociales, et c’est précisément ce qu’ils en font aujourd’hui qui détermine, leur conscience de classe, le rôle qu’ils ont choisis de jouer dans l’affrontement qui se joue entre deux force aux intérêts contraire.

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« Faut-il servir le maître dans l’espoir que ça améliorera sa propre situation quite à continuer à enfoncer les autres, où faut-il s’allier à ceux qui subissent les même conditions pour tout faire pour que cela cesse ? ».

Visiblement la réponse n’est pas évidente pour tout le monde.

 Dans les faits , même si l’un est bien souvent lié à l’autre, ce qui fait réellement la différence ce n’est donc pas tant l’ « origine sociale » que la « conscience de classe » et ce qu’on en fait – c'est-à-dire le réel niveau d’antagonisme de classe avec lequel on choisit de vivre.

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Aussi , si leur description quasi scientifique de la mécanique du système capitaliste n’a perdu aucunement de sa perspicacité et de sa force didactique et critique (6) ,en revanche, depuis la tombe dont certains tentent de les extraire, pour les faire parler sur ce qu’ils n’ont de fait pas  pu connaître, Marx et Engels ne sont certainement pas les mieux placés pour venir nous donner des leçons sur ce qui pourrait apparaître pour certains comme le « sous –prolétariat actuel ». S’il pourrait apparaître comme le sous-prolétariat de ce début de siècle, pour autant, pas besoin d’être un historien de renom pour savoir, qu’il n’aurait pour autant  certainement plus grand-chose à voir avec le lumpen prolétariat de l’époque, tant dans ces conditions de vie, que dans ces aspirations, ses moyens de luttes…etc.

Et enfin, de toute façon, il n’existe pas de « lumpenprolétariat », de kaï-ras, des « lascars de banlieues » comme une masse d’individus agissant tous systématiquement de la même manière face à un certains types d’évènements…ça c’est un fantasme de théoricien de salon qu’il soit entrain de cracher sa haine de « la racaille » ou qu’il se branle sur ce « sous-prolétariat en arme ».Tant chez ceux qui se posent comme observateurs – et donc acteurs tardifs et théoriques - de ces évènements que chez ceux qui en sont les acteurs réels sur le moment, ce n’est pas l’appartenance à telle ou telle catégorie qui fait la différence, mais bien  la manière dont on agit, comment on se comporte, là où on se situe dans un contexte de lutte de classe.

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Car précisément la lutte des classes se joue encore une fois aussi ici.

Même et parfois particulièrement au sein même de ceux qui prétendent tout autant s’opposer au système.

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On y revient encore. Encore les mêmes. Ceux, qui se touchaient sur le CPE ou quelques rassemblements alter-mondialistes , rougissaient amèrement en parlant de novembre 2005, balayant le souvenir de leur absence complice d’un murmure à peine assumé, signifiant que là , « ça n’avait rien de politique »…

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C’EST LA RACAILLE, EH BIEN J’EN SUIS

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      Les revoilà, les apôtres bien pensant du « prolétariat organisé » vs « le sous prolétariat non conscientisé ». Ces militants gauchistes organisés qui manquent d’ailleurs souvent cruellement de prolétaire ou de sous-prolétaire en leur rang … d’où la peur instinctive qu’ils ressentent dés que se pointe le spectre de la violence de classe réelle. Pas la violence de classe « spectacularisée »   – stérilisée, pacifiée  par la mise en scène, le slogan – la violence de classe symbolique… encore acceptée par les forces au pouvoir cons  consciente du fait qu’il s’agit encore d’attaques simulées… de menaces, qui, comme toutes menaces seront d’autant moins mises en œuvre qu’elles sont formulées. « De la branlette… On crache, ça soulage, mais c’est toujours dans le vent… » niik-crime.jpgQue la violence de classe réelle, vivante, soit, elle, criminalisée par la classe dominante qu’elle vise n’a rien d’étonnant. Qu’on s’étonne encore que les membres de cette classe qui la criminalise puissent se trouver également dans les rangs des mouvements politiques qui prétendent s’élever contre le système…ça, c’est plus perturbant…

« Serait-il possible qu’il s’agisse plus de mettre en scène une opposition à un système que de s’y opposer réellement ?Histoire de pouvoir dire qu’on est bel et bien en démocratie, puisqu’on laisse s’exprimer une  opposition…qui prend plus de pose que de position. Et dont les seules positions prises ne restent que des postures stériles qui ne les engagent à rien d’autre qu’à justement  les trahir. La dictature c’est ferme ta gueule, la démocratie c’est cause toujours, hein ? »

Rien de nouveau en ce bas monde.

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       Sans même rentrer dans le débat de l’ « avant-garde éclairée »…Où commence –t-il ? Où s’arrête-t-il ? Ce « prolétariat organisé » censé porter à lui tout seul la bannière d’une majorité mondiale de travailleurs subissant ce système. Aux travailleurs syndiqués de  la CGT qui après quelques coups de barre donnent aux forces de l’ordres les quelques « racailles de banlieues » qu’ils ont pu attraper, parce que – oh mon dieu – ils brûlaient quelques voitures ? – et attention pas d’angélisme à l’envers,  se mettre à dix sur un étudiant pour lui taper son portable ne fait certainement pas de toi un héros de la révolution…mais en générale quand on fait ça, on a de toute façon pas vocation à l’être ! Et quand on crame une bagnolle, on sait bien qu’on ne fait rien de plus que de…cramer une bagnole.

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Organisé…Organisé pour quoi ? Pour respecter scrupuleusement les règles imposées du spectacle politique… organisé pour quoi ? Pour parader, soulever les banderoles et souffler dans un sifflet jusqu’à ce que justement on siffle la fin de la récrée. Si dans une perspective de lutte, on peut chercher à raison à être « organisé » peut on croire sérieusement qu’il n’y ait aucune forme d’organisation dans l’insurrection urbaine, le vol, l’escroquerie ou le braquage !? Ensuite, question : la spontanéité d’une émeute la sort-elle du champ d’une réponse adaptée dans le cadre de la  guerre civile de classe qui traverse le monde capitaliste …

Dans ce cas…Question :

enedeka-classe-dangereuse-1.jpgA quand remonte la dernière période réellement « insurrectionnelle » en France : aux rangs d’étudiants clamant « la police avec nous » devant  la Sorbonne  en 2006? Où sont-ils ces apôtres bien pensant du prolétariat organisé lorsqu’on assassine nos frères en pleine rue ? On n’entend plus que leur assourdissant silence face à ce qu’ils ne comprennent pas… (7)NIIK-12.jpg

Puis viennent leurs textes, le vacarme muet de leurs analyses, leurs repentances, leurs autocritiques pseudo révolutionnaire, leur mea culpa d’avoir « raté » l’évènement comme on rate un de leur rendez-vous branché qui leur permet de penser que « oui, ils représentent bien un milieu ». Un « nous » qui parce qu’il se prétend opposé au système dominant, leur fait croire que la simple sensation d’en faire partie leur suffit à être de fait en antagonisme réel avec ce système.« Entouré de gens, qui se disent ennemis du système, je suis donc de fait son ennemi ».Un cocon rassurant qui doit leur ressembler. Qui doit ressembler au nous. Tant dans l’apparence physique et vestimentaire que dans le discours – devenu l’apparence de leur pensée – formaté, conforme à l’anti-conformisme attendu du moment. (8)

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La lutte de classe est partout. Car elle est partout où il y a rapport de classe – rapport de domination. Et le rapport de domination est potentiellement partout, entre eux et nous, entre toi et moi. En moi.

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« on est plus c’qu’on fait que c’qu’on dit ( …) mais après tout, je ne suis que ce que je suis : un Jihad intérieur d’abord »

in Vita est Bellum, la vie c’est la guerre

 

     Voilà pourquoi, si je n’ai cessé de revendiquer la lecture de Karl Marx, dans tout ce qu’elle a pu m’apporter, dans toute la perspicacité de ces constats, dans tout ce qu’il y a à apprendre de sa description quasi scientifique du système capitaliste, je n’ m’ en suis fait aucun dogme, et suis resté de fait capable de révoquer telle ou telle évocation, telle ou telle citation, conscient qu’on peut ainsi faire dire à tant de grand noms tout ce qu’on veut bien leur faire dire. Avec depuis le début, le rappel constant qu’on doit pouvoir s’approprier ou se ré-approprier telle ou telle théorie, sans devenir l’esclave aliéné de telle ou telle idéologie (9).

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Voilà pourquoi, si tout au long de ma vie (10)  j’ai été constamment renvoyé à ce constat de classe, c’est  bien le rapport de classe qui m’est apparu comme au centre de ce que j’entendais par cela. C’est le rapport de classele rapport de domination – qui détermine l’existence de cette lutte de classe, qui elle-même détermine l’existence des classes en lutte. Et donc en dehors de toute dogme marxiste, sans grandes lectures théoriques – donc sans idées réelles de savoir si cela a déjà été dit, ou même plutôt mieux formulé, ce que j’pense bien -  cette vision de cette guerre de classe, qui n’est au centre de c’que je fais dans le rap  que par ce que : ce que je fais dans le rap n’est en soi que l’extension de la manière dont je vois ma vie elle-même.

 

De fait, là ou certains autoproclamés marxistes nous demandent de nous déterminer selon notre place dans le « processus de production »,pour moi ce sont donc bien les rapports qui sont donc mis aux centres  de cette guerre qui elle-même détermine nos vies.  Aussi, les membres de « ma » classe, mes « camarades », je les  reconnais  à leurs rapports. A leurs antagonismes. A leurs manière de les affronter, de leur faire face, et avant de les connaître à leur aptitude à les reconnaître

Ainsi comme évoqué dans « Vita Est Bellum » et « Bande Son pour les Nouvelles Invasions Barbares », tout salarié, tout syndiqué qu’il est, un flic, un maton même syndiqué ou un ouvrier raciste qui ratonne d’autres ouvriers ne seront pas pour moi des camarades, A partir du moment, ou on s’accorde sur le fait qu’on vit dans un système de lutte de classe, un système définit par le rapport antagoniste qu’entretiennent deux classes, où te situes-tu dans cet affrontement ? Comment ta solidarité de classe s’exprime-t-elle ? Quel est ton niveau d’antagonisme ? Et pas d’illégalisme pour l’illégalisme, combien de gangster ont fini par servir les intérêts de l’Etats ou de réseaux mafieux au service du grand patronat. Mais à l’instar de Charlie Bauer, il y a bien eu des bandits « communistes » - et tout  bon « communiste » a toute les raisons du monde d’être un bandit dans une société où les lois défendent la classe qu’il combat .

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Et il y a bien de quoi rendre hommage, à ceux qui ont rendu coup pour coup à un système qui ne mérite que ça…

 

Vivante la lutte est criminelle.

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La lutte criminelle est vivante.

 

 

C’est pour ça que ma classe est dangereuse.

 

 

 (1 )Au de là des traces indéniables de mégalomanies pathologiques que recèlent cette tendance lourde à l’autocitation et à l’auto-référence  le rappel de mes propres « écrits » passés est, pour moi, une tentative de ne pas tomber dans la re-dites systématiques - pour ceux qui ont déjà accès  eu à ses différentes lectures. Il s’agit aussi de rappeler que – au de là de leur intérêt immédiat – les idées développées ici ne le sont pas uniquement dans le but de faire une explication de texte sur un morceau en particulier , mais qu’elles s’inscrivent bien dans la continuité d’une réflexion personnelle bien plus large .

 (2) Je ne leur ferai même pas l’honneur de leur faire d’la publicité, mais ils pullulent sur le net et sont donc facilement trouvables dés lors qu’on tape «  lumpen prolétariat » ou « émeutes en Grande Bretagne » sur les moteurs de recherche…Sans parler de certains commentaires suivant les articles relatant ces évènements ou discourant sur le « lumpen prolétariat moderne »…  Et pas besoin de tomber sur des sites ou des journaux de faf type « le choc du mois » , suffit parfois de tendre l’oreille…et pas qu’au café du commerce…

 (3)Définition « Wikipedia » : « Le sous-prolétariat est un terme marxiste, désignant une population située socialement sous le prolétariat, du point de vue des conditions de travail et de vie, formée d'éléments déclassés misérables, non organisés du prolétariat urbain. Le terme a été créé par Karl Marx et Friedrich Engels dans l'Idéologie allemande (1845) et développé par la suite dans d'autres travaux de Marx. Appelée en allemand « Lumpenprolétariat » (prolétariat en haillons, de « Lumpen » = loque, chiffon, haillon et « Proletariat »), cette population a été considérée par de nombreux marxistes comme sans conscience politique. Les théoriciens de la révolution recommandaient de s'en méfier, car cette classe était susceptible de servir de force d'appoint à la bourgeoisie. ».Question : Qui sont donc ces « théoriciens de la révolution » ? Ces marxistes dont ils parlent ? De quels lignes se réclament-ils ? Quel est leur connaissance réelle de ce qu’ils considèrent comme le lumpen prolétariat ? A quel époque ? Dans quel contexte ?

(4)  trouvé sur le net : « Dans le manifeste du parti communiste de 1948, Karl Marx en parle ainsi :"Le lumpenprolétariat, ce produit passif de la pourriture des couches inférieures de la vieille société, il peut se trouver, çà et là, entraîné dans le mouvement par une révolution prolétarienne ; cependant, ses conditions de vie le disposeront plutôt à se vendre à la réaction" Autre citation, d’Engels cette fois-ci"Le lumpenprolétariat - cette lie d'individus déchus de toutes les classes qui a son quartier général dans les grandes villes - est, de tous les alliés possibles, le pire. Cette racaille est parfaitement vénale et tout à fait importune. Lorsque les ouvriers français portèrent sur les maisons, pendant les révolutions, l'inscription : « Mort aux voleurs ! », et qu'ils en fusillèrent même certains, ce n'était certes pas par enthousiasme pour la propriété, mais bien avec la conscience qu'il fallait avant tout se débarrasser de cette engeance. Tout chef ouvrier qui emploie cette racaille comme garde ou s'appuie sur elle, démontre par là qu'il n'est qu'un traître "

(5)Pour ceux que ça intéresse vraiment, il existe un texte intitulé Marx et Engels devant la marginalité : la découverte du lumpenproletariat à lire sur  http://www.persee.fr/,bien plus intéressant que des citations mis bout à bout, sortis de leur contexte, au contraire ici l’auteur remet justement ces même citations dans le contexte de leurs époques et  montrent l’évolution au travers de leur vie et des évènements de la réflexion qu’ils portaient à cette question et du rapport qu’ils entretenaient avec ceux qu’ilds désignaient comme des lumpen prolétaire.

(5) D’où l’allusion à cette citation connue dans le Morceau « I Rap II Klass », RKP #14 .

(6) Comme feint d’ailleurs de le re-découvrir le monde économique et politique, à chaque crise, qui leur rappelle la véracité de nombre des constats du vieux Karl, qui s’était « contenté » effectivement dans le Capital de décortiquer les rouages d’un système allant effectivement de paire avec des périodes de crises et cette exploitation inhérente de la majeur partie de l’humanité par une minorité de privilégiés. Oui, oui, et re-oui , il faut lire le Capital ! (un triple oui dans le cul de ton triple A). Quite à passer les moments que certains trouveront difficiles à comprendre, il n’y aura que des rappels au vécu à qui con que a connu un tant soit peu le salariat…

(7)  En Novembre 2005, dans les premiers jours de la propagation des affrontements et des incendies, des maires de commune touchées ont été réunis à Matignon face à un Premier Ministre, chez qui ils pensaient trouvé quelques réponses sur ce qu’il devait être fait par l’Etat pour « ramener l’ordre ». Bien au contraire, le premier ministre les avait en fait appelé à la rescousse pour leur demander conseil !! Cet épisode – qui n’a rien de secret, confirmés par les principaux intéressés dans des reportages faits sur le sujet – montre bien le dénuement du pouvoir de l’époque face aux évènements auxquels ils avaient à faire face. Depuis, un syndicaliste de la maison poulagat n’a pas à hésité à confirmer que de toutes façon techniquement il serait impossible aux forces de l’ordre de faire face simultanément à des affrontements type 2005 la nuit, et un mouvement de l’ampleur de la lutte anti-CPE le jour.

(8) Des rendez-vous où on se regarde les uns les autres comme on se matte dans une glace. On s’ matte le nombril en matant celui de cet autre. On s’ déculpabilise en se disant que c’est l’ nombril d’un autre – mais pourvu que cet « autre » nous ressemble : on est bien entrain de s’ mater le nombril.

 (9) En paraphrasant Bakounine, que je ne parviens pas à citer, comme ça, de tête… mais qu’il est toujours bon de lire et re-lire à l’instar de son camarade Netchayev…

(10) Oui encore « moi », « je », « me »..ma petite personne !! qu’on préfère souvent caché derrière un « on » chez les plumes politiques les mieux intentionnés… nan… honnêtement, moi aussi, ça me fait bizarre…mais il s’agit bien de donner son avis, nan ?

 

 

 

 

 

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